Je suis hypersensible… mais pas que… Découvrez comment mon expérience m’a permis de comprendre que l’hypersensibilité est pour moi un signe de neuroatypie.
Pendant longtemps, j’ai cru que mon seul « problème » était d’être trop sensible.

Je suis hypersensible et hyperémotive. Trop dans le ressenti. Trop tout.
Les larmes qui montent au moindre conflit, la musique qui me traverse comme une vague, une remarque anodine qui tourne en boucle dans ma tête pendant trois jours… Si vous me lisez, il y a de grandes chances que vous connaissiez cette sensation. Cette impression d’être branchée sur un ampli dont personne d’autre ne perçoit le volume.
Pendant des années, j’ai mis tout ça sur le compte de l’hypersensibilité. Et c’était juste — en partie.
Parce que ce que j’ai découvert ensuite a tout changé.
Moi, hypersensible… et bien plus que ça
Je m’appelle Maryline et j’ai mis plus de 40 ans à comprendre pourquoi je me sentais différente.
Pas différente dans le sens « originale » ou « créative » — même si ça, je le savais déjà. Plutôt différente dans le sens où le monde me semblait souvent trop intense, trop lourd, trop difficile à décrypter. Les open spaces me vidaient en deux heures alors que les réunions improvisées me tétanisaient. Une journée chargée en interactions sociales me laissait aussi épuisée que si j’avais couru un marathon.
Et pourtant, j’avançais. Je compensais. Je m’adaptais. Jusqu’aux trois burn-out qui m’ont, chacun à leur manière, obligée à m’arrêter pour vraiment m’écouter.
C’est à ce moment-là que j’ai commencé à creuser. Vraiment creuser. Et c’est là que les mots sont arrivés : hypersensible, oui — mais aussi TDAH et HPI.
Je me souviens encore de ce moment. Comme si on venait de me remettre la carte de lecture d’une vie entière. Les oublis chroniques, les projets commencés et jamais finis, l’hyperfocus qui me faisait perdre toute notion du temps, cette fatigue cognitive que je n’arrivais pas à expliquer à mon entourage… Alors, tout prenait soudainement un autre sens.
Ce n’était pas une faiblesse. C’était mon mode de fonctionnement.
Etre hypersensible : un trait, pas un diagnostic isolé
En réalité, ce que j’ai compris sur moi-même, je le retrouve aujourd’hui chez beaucoup de personnes que j’accompagne.
Elles arrivent en me parlant de leur hypersensibilité. C’est toujours par là que ça commence, et c’est bien normal. Quand on ressent tout plus fort — les sons, les lumières, les tensions relationnelles, les émotions des autres comme si elles étaient les nôtres — c’est ce trait-là qui saute aux yeux en premier. Il est visible, dérange parfois. Il nous fait même un peu honte dans une société qui valorise le sang-froid et la maîtrise de soi.
Mais au fil des séances, d’autres choses émergent.
Une femme hypersensible me raconte qu’elle perd le fil de ses phrases en plein milieu d’une explication. Un homme ultra sensible m’explique qu’il oublie systématiquement de rappeler les gens qu’il aime — pas par manque d’intérêt, mais parce que ça lui échappe. Une autre me confie que son cerveau ne s’arrête jamais, même la nuit, même en vacances, même quand elle fait tout « comme il faut » pour se reposer.
Notons aussi que l’hypersensibilité est rarement isolée. Elle s’inscrit très souvent dans un profil neurologique plus large.
Chez de nombreuses personnes, elle cohabite avec un Haut Potentiel Intellectuel (HPI) — ce cerveau en arborescence qui pense en permanence, fait des connexions que les autres ne font pas, s’ennuie vite ou au contraire se passionne jusqu’à l’obsession. Chez d’autres, elle s’accompagne d’un TDAH — ce fonctionnement qui rend les tâches répétitives insupportables, qui disperse l’attention à la moindre stimulation, qui génère une fatigue cognitive chronique difficile à nommer et encore plus à expliquer.
Et parfois, les trois sont là, ensemble. Ce qu’on appelle la double ou triple exceptionnalité.
Les signes qui méritent qu’on s’y arrête
Si en me lisant vous commencez à vous demander si vous vous reconnaissez dans tout cela, voici quelques signaux qui valent la peine d’être pris au sérieux.
Du côté des hypersensibles :
- Vous êtes profondément affecté(e) par les atmosphères, les lieux, les tensions entre les personnes
- Certains sons, odeurs ou lumières vous épuisent ou vous agressent physiquement
- Vous avez besoin de temps seul(e) pour « décompresser » après des interactions sociales
- Vous ressentez les émotions des autres comme si elles étaient les vôtres
- Les films, les livres, la musique vous touchent avec une intensité que vous peinez à expliquer
Pour les HPI :
- Votre cerveau ne s’arrête jamais, même la nuit
- Vous faites des connexions entre des idées que les autres ne relient pas spontanément
- Vous vous ennuyez profondément si on ne vous stimule pas — ou à l’inverse vous vous passionnez jusqu’à tout oublier autour de vous
- Vous avez un sens éthique et une justice intérieure très développés, parfois inconfortables à porter
Du côté du TDAH :
- Vous perdez le fil en milieu de phrase, d’idée, de tâche
- Vous oubliez régulièrement des rendez-vous, des appels à passer, des démarches administratives — pas par négligence, mais parce que ça s’efface
- Certains moments vous entrez dans un état de concentration totale (l’hyperfocus) — et d’autres vous êtes incapable de démarrer la moindre action
- Vous accumulez des projets commencés mais rarement terminés
- Les délais rigides, les règles arbitraires, les tâches sans sens vous résistent profondément
Bien sûr, quelques-uns de ces signes pris isolément ne signifient rien. Mais si en lisant cette liste vous avez l’impression qu’on parle de vous depuis toujours — alors il vaut vraiment la peine d’aller un peu plus loin.
Je tiens à préciser une chose importante : je ne pose pas de diagnostic. Ce n’est pas mon rôle, et ce n’est pas ce que je propose dans mon accompagnement. Seul un médecin ou un neuropsychologue est habilité à établir un diagnostic de TDAH ou de HPI. Ce que je fais, c’est autre chose — et c’est tout aussi précieux à mes yeux.
Car au fond, peu importe l’étiquette. Peu importe que vous ayez un diagnostic en bonne et due forme, que vous soyez « juste » hypersensible, ou que vous ne rentriez dans aucune case clairement définie. Ce qui compte vraiment, c’est de commencer à vous comprendre. Puis à vous accepter. Et enfin à vous assumer — sans complexe, sans excuses, sans avoir à vous justifier d’être comme vous êtes.
Pourquoi le diagnostic arrive souvent si tard
Pour les femmes en particulier, le TDAH et le HPI restent encore trop souvent non identifiés pendant des décennies.
Parce qu’on masque bien, parce qu’on nous a appris à nous adapter, à compenser, à faire bonne figure. Et aussi parce que nos résultats scolaires étaient « suffisamment bons » pour qu’on ne cherche pas plus loin. Parce qu’on a grandi avec cette phrase en boucle dans la tête : « Tout va bien, je gère. »
Et l’hypersensibilité, elle, a longtemps été réduite à un simple trait de caractère. « Tu es trop émotive. Tu prends tout trop à cœur. Il faut que tu te blindes. »
Ces petites phrases, on les a toutes entendues. Et elles ont fait des dégâts.
Parce qu’elles nous ont éloignées de nous-mêmes. Elles nous ont poussées à considérer notre façon d’être comme un défaut à corriger, plutôt que comme une particularité à comprendre et à accompagner.
C’est exactement pour ça que je fais ce que je fais aujourd’hui.
Et maintenant ?
Comprendre son profil, ce n’est pas une fin en soi. C’est un point de départ.
Parce qu’une fois qu’on sait — vraiment — comment on fonctionne, on peut commencer à s’organiser autrement. On peut choisir ses environnements avec plus de justesse. Arrêter de se battre contre soi-même et demander ce dont on a besoin sans se sentir coupable de le demander.
Être hypersensible, HPI, TDAH ou les trois à la fois, ce n’est pas être « trop ». C’est être autrement. Et cette différence, bien comprise, bien accompagnée, peut devenir une véritable richesse.
Je le vis chaque jour. Je le vois aussi chez les personnes que j’accompagne — et c’est à chaque fois une immense fierté de les voir avancer.
Le chemin n’est pas toujours simple. Mais il est possible. Et il commence souvent par une chose toute bête : se permettre enfin de se reconnaître dans ce qu’on ressent, sans minimiser, sans s’excuser.
Et vous, où en êtes-vous ?
Est-ce que vous vous reconnaissez dans ce que je viens de décrire ? Avez-vous déjà eu l’impression que votre hypersensibilité n’était que la surface d’un fonctionnement plus complexe, que vous n’arriviez pas tout à fait à nommer ?
Je serais vraiment curieuse de lire vos témoignages en commentaires.
Et si vous souhaitez aller plus loin — explorer votre propre fonctionnement dans un espace bienveillant et sans jugement — découvrez les accompagnements que je propose ici.
⚠️ Cet article est rédigé à titre informatif et ne constitue en aucun cas un avis médical ou un diagnostic. Si vous vous reconnaissez dans les éléments évoqués ici, je vous encourage à en parler avec votre médecin traitant ou à consulter un professionnel de santé qualifié. Seul un médecin ou un neuropsychologue est habilité à établir un diagnostic de TDAH ou de HPI — comme le rappelle la Haute Autorité de Santé. Mon accompagnement en sophrologie vient en complément d’un suivi médical, il ne le remplace pas.

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