TDAH et argent : Gérer son budget – un casse-tête qui s’explique.

Ce que m’a appris la formation Ami avec l’Argent de Christian Junod

fan of assorted euro banknotes

L’argent… un mot qui déclenche tant d’émotions : peur, honte, insécurité, culpabilité, parfois même rejet. Pendant longtemps, j’ai cru que ce malaise autour de l’argent était “normal”, culturel, presque inévitable. Jusqu’au jour où j’ai découvert le parcours AAA10 – Ami avec l’Argent, proposé par Christian Junod, ancien banquier suisse devenu formateur et auteur.

Ce parcours m’a ouvert un espace inattendu : celui d’une réconciliation avec l’argent, mais surtout avec les parties de moi qui s’y cachaient.

TDAH et argent : Quand parler d’argent devient une épreuve

Pendant longtemps, j’ai eu du mal à parler d’argent. Non pas parce que je n’en voyais pas l’utilité, mais parce qu’à chaque fois que le sujet revenait, je ressentais un mélange d’inconfort, de honte et de peur. Peur de manquer, peur d’en parler, peur d’en vouloir trop. L’argent, pour moi, représentait un terrain miné : à la fois nécessaire et dérangeant.

C’est dans cette période de questionnement que j’ai découvert Christian Junod et son parcours Ami avec l’Argent — le fameux AAA10. J’y suis allée avec l’objectif d’arriver à mieux gérer mes fins de mois et aussi l’intuition qu’il y avait là quelque chose à comprendre. Je ne savais pas encore à quel point cette formation allait changer ma façon de me voir… bien au-delà du rapport à l’argent.

Qui est Christian Junod et que propose le parcours AAA10 ?

Ancien banquier suisse, Christian Junod a passé plus de vingt ans dans le milieu financier avant de tout quitter pour se consacrer à l’accompagnement. À travers ses conférences et ses ouvrages (Ce que l’argent dit de vous, Enfin libre d’être soi-même ! Le défi des 100 jours…), il invite à explorer la relation intime que chacun entretient avec l’argent : une relation souvent empreinte de peur, de loyautés familiales ou de culpabilité.

Le parcours AAA10 propose 15 modules pour revisiter cette relation. On y parle un peu de chiffres, mais beaucoup de ce qui se cache derrière : le sentiment de valeur personnelle, la peur du regard des autres, la place qu’on s’autorise à prendre. Ce n’est pas une méthode de gestion budgétaire ; c’est un espace de compréhension de soi.

Le PKS : une méthode pour reprendre ce qu’on a projeté sur l’argent

L’approche de Christian Junod s’appuie sur le PKS (Peter Koenig System). Cette méthode repose sur une idée simple : nous déposons sur l’argent des qualités ou des manques qui, en réalité, nous appartiennent.

Quand je dis « j’ai besoin d’argent pour me sentir en sécurité », je confie à l’argent un rôle qui n’est pas le sien. Je lui délègue la responsabilité de me rassurer. Le travail consiste à reprendre ces projections : à reconnaître que la sécurité, la reconnaissance ou la liberté ne dépendent pas de l’argent, mais de notre posture intérieure. Cette démarche est très concrète : il ne s’agit pas d’y croire ou non, mais d’observer les réactions, les phrases automatiques, les émotions que le mot “argent” déclenche. Ce processus m’a permis de mettre de la clarté sur des schémas anciens que je ne voyais pas.

Les premières libérations : comprendre mes mécanismes

Dès les premières semaines du parcours, j’ai ressenti une forme de soulagement. Mettre des mots sur mes comportements a fait tomber une partie du poids que je portais.

Je me suis rendu compte que je faisais partie de celles et ceux qui « donnent trop » : du temps, de l’énergie, de la présence, souvent sans oser recevoir en retour. Derrière ce déséquilibre se cachait la peur d’être jugée ou d’être perçue comme “intéressée”.

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En explorant mes projections, j’ai pu voir à quel point j’avais associé l’argent à la valeur personnelle. Je pensais inconsciemment : « Si je gagne plus, on m’aimera moins » ou « si je reçois, c’est simplement parce que je suis gentille et souriante ». Comprendre ces croyances a été une vraie libération : je pouvais enfin me regarder sans jugement.

Un an et demi plus tard : la découverte du TDAH

Un an et demi après ce travail, j’ai découvert que j’étais TDAH ou plutôt que j’avais un TDAH. Ce diagnostic a donné un sens nouveau à beaucoup de choses : mes difficultés à planifier, à gérer les imprévus, à maintenir une organisation stable… mais aussi ma relation à l’argent.

Tout ce que j’avais exploré avec le PKS prenait soudain une autre dimension. Ce n’était pas seulement une question de croyances, mais aussi de fonctionnement neurologique différent. J’ai compris pourquoi la notion de budget me semblait parfois insaisissable : le TDAH crée un rapport au temps, à la motivation et à la gratification très particulier. Et l’argent, qui demande de la prévoyance et de la constance, devient souvent un terrain de tension.

Les difficultés spécifiques des TDAH face à l’argent

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Les recherches confirment ce que j’ai observé chez moi et chez d’autres : les adultes avec un TDAH ont plus de difficultés à gérer leurs finances. Les études de Koerts et Tucha (2021, 2023) ou de Pelham et al. (2020), les approches de l’école TED DYS’school basée en Suisse montrent tous que les personnes TDAH présentent plus d’impulsivité financière, de dettes et de stress économique.

Ce n’est pas un manque de maturité ni de discipline ; c’est lié au mode de fonctionnement du cerveau. Le besoin de stimulation immédiate rend les dépenses impulsives plus fréquentes. La difficulté à estimer le temps rend l’épargne abstraite. Et la fatigue liée à la surcharge mentale peut pousser à remettre les tâches administratives à plus tard.

Résultat : une culpabilité permanente, et le sentiment d’être “mauvais avec l’argent” ou de « ne pas mériter ».

Quand les émotions prennent toute la place

Le TDAH amplifie les émotions ; l’argent vient souvent les déclencher. Une dépense imprévue peut provoquer un effondrement émotionnel, une facture oubliée réveille la honte, une rentrée d’argent déclenche une euphorie suivie d’un relâchement total.

Grâce au travail fait avec le PKS, j’ai appris à reconnaître ces réactions pour ce qu’elles sont : des signaux. Chaque émotion me renseigne sur une peur ou un besoin : peur de décevoir, besoin de reconnaissance, besoin de sécurité. En identifiant la racine émotionnelle, la situation financière redevient plus claire. Je ne cherche plus à “m’améliorer” à tout prix, mais à comprendre ce que chaque difficulté vient me dire. Cette posture change tout : elle apaise et redonne du pouvoir d’action.

L’argent comme miroir du fonctionnement TDAH

Aujourd’hui, je vois l’argent comme un miroir fidèle de mon fonctionnement TDAH. L’impulsivité se reflète dans les achats non planifiés, le besoin de nouveauté se retrouve dans les changements de projet ou de priorités. La difficulté à se projeter rend la gestion à long terme plus complexe. Et la culpabilité vient souvent s’ajouter après coup.

Plutôt que de lutter contre ces traits, j’ai appris à les apprivoiser : à mettre des stratégies simples, à reconnaître mes limites, à ritualiser certaines décisions. Le parcours AAA m’a aidée à remettre du sens dans tout cela : ce n’est pas une question de chiffres, mais de clarté et de cohérence intérieure.

Ce que j’ai redéfini : la notion de valeur

L’une des plus grandes transformations de ce parcours et par la suite de la découverte du TDAH a été ma relation à la valeur. Avant, je mesurais ma valeur à travers ce que je donnais : mon temps, mon écoute, ma disponibilité. Je craignais d’être jugée si je demandais une rémunération juste. Aujourd’hui, je vois les choses autrement. Ma valeur ne dépend pas du regard des autres, ni du montant affiché sur une facture. Elle se construit dans la justesse de l’échange : donner et recevoir dans un équilibre qui respecte chacun. L’argent, dans ce cadre, n’est plus un tabou ni un fardeau : il devient un repère concret, une manière d’incarner la reconnaissance mutuelle.

Comment cela nourrit ma pratique d’accompagnement

Cette expérience a transformé ma manière d’accompagner les femmes que je reçois — qu’elles soient TDAH, hypersensibles ou simplement en quête de sens. Beaucoup vivent les mêmes tiraillements : peur de manquer, difficulté à fixer un prix, honte de gagner trop ou pas assez. Avec ce que j’ai appris de Christian Junod et du PKS, je peux maintenant les aider à poser un autre regard sur ces blocages. Nous travaillons sur les croyances héritées, les loyautés familiales, les phrases qu’on se répète depuis l’enfance. Ce n’est pas de la gestion financière ; c’est un travail de réconciliation avec soi, une façon de remettre de la douceur là où il y avait du jugement.

En conclusion : apaiser son rapport à l’argent, c’est se réconcilier avec soi

Si je repense à mon inscription au parcours Ami avec l’Argent, je crois que c’était avant tout une rencontre avec moi-même. Ce travail m’a permis de comprendre d’où venait mon inconfort, de mettre du sens là où je ne voyais qu’un chaos budgétaire, et par la suite, d’accepter que mon fonctionnement TDAH n’est pas un obstacle, mais une donnée à apprivoiser.

Aujourd’hui, je ne considère plus l’argent comme une énergie, ni comme un problème ; je le vois comme un outil concret de notre incarnation dans la matière. Il fait partie de cette expérience humaine : il permet les échanges, soutient nos projets, faciloite la circulation du donner et du recevoir.

Mais il reste une réaction virtuelle, une convention entre êtres humains pour rendre visible des valeurs, des intentions ou des actions. Apprendre à l’utiliser avec conscience, c’est finalement apprendre à habiter pleinement notre réalité matérielle sans s’y perdre sans la fuir non plus. Apaiser son rapport à l’argent, c’est donc se réconcilier avec la vie dans ce qu’elle a de plus concret : le corps, la matière et le temps. C’est accepter que nous soyons des êtres spirituels … mais incarnés. et que cette incarnation a besoin de repères tangibles pour s’exprimer avec justesse.

woman holding money

Apprendre à l’écouter, c’est apprendre à mieux se comprendre. Si tu te reconnais dans ces questionnements, sache qu’il est possible d’apaiser ce lien. Pas en cherchant la perfection, mais en t’accordant la permission d’avancer à ton rythme — avec lucidité, bienveillance et un peu plus de sérénité. Si tu souhaites en savoir plus, je t’invite à réserver un rendez-vous téléphonique de 15 minutes environ via ce lien .

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