Et si le problème n’était pas vous ? 8 signes de la neuroatypie

Hypersensibilité, cerveau en arborescence, sentiment d’être différent… Découvrez les signes qui peuvent révéler un fonctionnement neuroatypique chez l’adulte.

Le terme neuroatypie désigne un fonctionnement neurologique différent de la norme statistique. Il peut inclure par exemple le TDAH, le haut potentiel intellectuel (HPI), les troubles DYS ou certains profils du spectre autistique. Ces particularités influencent la manière de penser, de ressentir et d’interagir avec le monde.

Pendant longtemps, j’ai cru que le problème, c’était moi. En réalité, ce que je prenais pour une fragilité était simplement un fonctionnement particulier : la neuroatypie.

J’ai un cerveau qui capte plus, un cœur qui ressent plus, une conscience qui analyse plus profondément ce qui se passe autour de moi. J’ai passé près de 48 ans avec l’impression étrange d’être en décalage avec le monde, avec ce sentiment d’être différente. Je me suis souvent demandé pourquoi tout était toujours plus intense pour moi.

Dans cet article, je vous propose d’explorer plusieurs signes qui apparaissent souvent chez les personnes neuroatypiques. Ce ne sont pas des critères médicaux. Ce sont plutôt des expériences de vie, des ressentis que beaucoup reconnaissent immédiatement.

Signe 1 : Je me suis souvent sentie différente

Durant mon enfance, je me suis toujours sentie différente sans pouvoir expliquer pourquoi. Je pense même qu’à l’époque je n’en avais pas conscience. Je me sentais simplement mal dans ma peau, mal dans mon environnement.

Déjà à cette époque, les émotions prenaient beaucoup de place et je m’efforçais de ne rien montrer afin de rentrer dans le moule de la petite fille sage et bonne élève (voir article sur mon enfance).

Plus tard, dans mes premiers emplois, je cherchais là aussi à mettre des émotions dans mon quotidien. Très vite, mes relations avec mes collègues se sont compliquées. Je n’ai plus honte d’avouer aujourd’hui que je recherchais une maman à travers ma responsable ou un papa à la place de mon patron. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si j’ai rencontré mon mari au travail.

C’est comme si nos échanges restaient dénués de sens. J’ai besoin de sens et de profondeur dans toutes mes discussions. Toujours ce mode de fonctionnement différent : trouver du sens, mettre de l’émotionnel partout et tout le temps. Quel est l’intérêt d’échanger avec une personne s’il n’y a pas d’attache ? J’ai mis des années à le comprendre.

Signe 2 : Hypersensibilité – Je ressens tout intensément

Je ressens tout intensément.

J’ai des milliers d’émotions qui me traversent dans une seule journée. Il peut m’arriver de bloquer pendant des heures sur une parole que je n’arrive pas à interpréter ou que je prends mal sans raison. J’ai énormément de mal avec la critique, même lorsqu’elle est constructive.

Je suis capable de ressentir l’ambiance d’une pièce dès que j’y entre et, d’un simple regard, je peux comprendre comment se sent mon interlocuteur. Est-il joyeux, triste, tendu ? Mon hyper-empathie me permet de ressentir plus facilement les émotions des autres.

Ces manifestations sont naturelles et je les vis depuis toujours. Je me souviens du sophrologue qui m’a formée et qui m’avait dit un jour :

« Tu prends les choses trop à cœur, apprends à les laisser de côté. »

Cette phrase m’avait blessée à l’époque, car elle me renvoyait à l’image d’une femme fragile et trop sensible.

Heureusement, avec le temps et différentes techniques, j’ai appris à me protéger sans pour autant me refermer. Je sais aujourd’hui me préserver et je ne porte plus le mal-être des personnes autour de moi, même si je le ressens et le comprends.

Mon hypersensibilité n’est plus un défaut : c’est devenu une force.

Signe 3 : Je me fatigue vite émotionnellement

Cette sensibilité est belle. Elle me permet de vivre des choses intenses et profondes, mais elle demande aussi beaucoup d’énergie.

Les environnements bruyants, les tensions relationnelles, les conflits ou les injustices peuvent vite m’épuiser. Mon cerveau va toujours chercher à comprendre et à analyser. C’est sans doute pour cette raison qu’en tant que personne neuroatypique j’ai besoin de solitude, de silence et de nature.

Il y a quelques jours, un matin au réveil, j’arrive dans la cuisine et mon mari a mis de la musique. Pas une jolie musique calme et tranquille qui aide à se réveiller. Non, une musique bien rythmée et plutôt entraînante. Je ressens immédiatement un énorme mal-être. Mon corps se tend, mes émotions montent et je me mets à pleurer sans même comprendre ce qui m’arrive. Ce n’est pas de la mauvaise humeur, ce n’est pas un caprice. C’est simplement mon système nerveux qui n’arrive pas à encaisser autant de stimulation dès le matin.

Pendant longtemps, je n’aurais pas su expliquer cette réaction. Aujourd’hui je sais que c’est une conséquence directe de mon fonctionnement neuroatypique.

Avec l’expérience et la compréhension de la neuroatypie, j’ai appris à reposer mon esprit. Je vis aujourd’hui à un rythme qui me correspond davantage. Par exemple, je ne prends aucun rendez-vous avant 10 h le matin, car je sais que si je n’ai pas mon temps de « reconnexion », toute ma journée risque de partir en vrille et de me stresser.

Je réserve donc mes débuts de matinée à des activités simples : rangement, ménage… C’est comme si cela me permettait d’organiser l’intérieur de ma tête avant d’entamer sereinement ma journée.

Signe 4 : Mon cerveau ne s’arrête presque jamais

Beaucoup de personnes vivent dans un flux mental relativement calme. Chez moi, les pensées ne s’arrêtent jamais.

Une idée en engendre une autre, puis encore une autre. Un fonctionnement en arborescence qui entraîne de nombreuses analyses et questions existentielles. Je passe un temps fou à imaginer mille scénarios à la minute. Je suis capable de passer des heures à réfléchir à une conversation ou à analyser un détail que personne d’autre n’a remarqué.

Lorsque je travaillais en entreprise, je devais parfois participer à des réunions qui pouvaient s’avérer sans grand intérêt pour moi. Et là, je partais très vite dans mes pensées, naviguant parfois très loin du sujet de discussion. À partir d’une réflexion anodine, mon cerveau esquissait des projections à des années-lumière de ce qui se passait dans la salle.

Cette faculté m’aide énormément dans les accompagnements que je propose. Elle me permet, à partir d’une phrase, d’analyser plusieurs options possibles pour aider la personne en face de moi. Je peux ainsi proposer différentes solutions, parfois inattendues, permettant de soulager un mal-être.

Cette forme de lucidité a cependant un effet négatif : une fatigue très importante et quasi permanente. Heureusement, j’ai toujours eu la chance de bien dormir, même dans les périodes compliquées de ma vie (divorce, perte d’emploi…). Le sommeil est pour moi un refuge, même s’il me réserve parfois de drôles de surprises.

Signe 5 : Je me complique la vie

Il m’arrive fréquemment, dans mon quotidien, de me compliquer la vie.

Dans mon ancien métier par exemple, j’avais comme un don pour complexifier des calculs simples. J’étais contrôleuse de gestion : mon travail consistait à calculer différents indicateurs afin de transmettre des éclairages à l’équipe de direction. La plupart du temps, en faisant le point avec mon responsable, nous trouvions le même résultat… mais lui en deux clics et moi en dix.

Aujourd’hui encore, j’essaie constamment d’optimiser mes déplacements dans une journée. Si je monte à l’étage, je vais systématiquement me poser la question : y a-t-il quelque chose à monter en même temps ? Un truc à faire à l’étage avant de redescendre ?

C’est pareil lorsque je vais faire des courses : qu’est-ce qui se trouve sur mon trajet et qui pourrait être fait en même temps ?

Au final, je me crée des listes fictives de choses à faire qui m’épuisent avant même d’avoir commencé. Et comme je procrastine parfois à passer à l’action, je prends du retard au lieu d’optimiser mes actes.

Signe 6 : J’ai l’impression de ne pas exploiter tout mon potentiel

Lorsque j’y réfléchis, j’ai souvent l’impression d’avoir un potentiel inexploité. Comme si je ne parvenais pas à utiliser toutes les capacités de mon cerveau. Comme si je pouvais faire beaucoup plus de choses sans jamais y parvenir. Avec ce sentiment étrange d’avoir un rôle important à jouer sans savoir exactement lequel.

Comme mon cerveau fonctionne très vite, j’attends de lui qu’il enregistre tout comme le disque dur de mon ordinateur. Or, même en étant HPI et avec une mémoire émotionnelle très active, je n’ai pas cette capacité. C’est même parfois l’inverse.

Il m’arrive fréquemment d’entendre des choses sans les enregistrer. Je peux avoir une discussion simple avec ma fille, lui demander ce qu’elle a mangé à midi… et ne plus m’en souvenir dix minutes plus tard. En réalité, si le contexte est dénué d’émotion, je n’imprime pas.

J’ai longtemps réfléchi à ma mission de vie et je suis aujourd’hui certaine d’avoir un rôle à jouer auprès des personnes neuroatypiques ou hypersensibles, même si cela n’a pas toujours été aussi limpide.

Durant mon parcours, on m’a souvent demandé l’inverse : m’adapter, rentrer dans des cases, ne pas être trop. J’ai donc été longtemps frustrée de ne pas pouvoir, ou oser, être moi-même. Je pense aujourd’hui que je n’avais pas les connaissances et la compréhension nécessaires pour me l’autoriser.

Signe 7 : J’ai cherché des réponses pendant des années

J’ai suivi le chemin des livres de développement personnel, de la psychologie, de la spiritualité, de la méditation. Puis j’ai écouté des podcasts, je me suis formée à la sophrologie, aux soins énergétiques et à d’autres thérapies. J’ai moi-même consulté différents thérapeutes dans le but, finalement, de comprendre qui j’étais.

J’ai d’abord suivi le chemin emprunté par mon père : m’investir à fond dans mon travail, tout donner à mon employeur, allant jusqu’à laisser parfois mes proches de côté.

Puis un premier burn-out en 2008 m’a montré que je faisais fausse route. J’ai alors levé un peu le pied, donné moins de temps mais toujours autant de confiance. Et je me suis fait avoir.

Un patron qui ment, qui manipule et qui vous vend du rêve… jusqu’au jour où la réalité vous rattrape.

Deuxième burn-out en 2014.

Je pense alors que c’est un problème de compétences, que je n’ai pas le niveau. Je retourne sur les bancs de l’école, une année de fac pour valider un master avec la mention Très Bien. Le problème n’était pas là.

Cela a pris des années pour trouver mon alignement et accepter d’être qui je suis. Mais ce que je peux affirmer aujourd’hui, c’est que cela fait un bien fou. Je suis enfin libre et bien dans mes baskets.

Signe 8 : J’ai longtemps cru que le problème venait de moi

Pendant des années, j’ai pensé que j’étais trop sensible, trop intense, trop compliquée, trop fatiguée.

Peut-être à cause de mon entourage, de mes parents, de mes professeurs, de mes collègues, de mes patrons, de mon conjoint ou de mes enfants.

J’ai essayé de me corriger, de me contenir, de rentrer dans des cases prédéfinies alors qu’aucune case ne me correspondait réellement.

Ce qui ressemblait à une faiblesse est aujourd’hui devenu une force : une capacité d’empathie, une lucidité rare, une profondeur humaine que j’exploite avec bienveillance dans mon quotidien.

Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces signes, sachez que vous n’êtes pas seul. Beaucoup de personnes découvrent tardivement leur fonctionnement neuroatypique. Comprendre ce mode de fonctionnement peut déjà changer énormément de choses : la culpabilité diminue, la fatigue devient plus compréhensible et l’on commence enfin à se regarder avec bienveillance.

C’est ce parcours que je vous propose à travers mes accompagnements.

Les accompagnements proposés

Parmi les personnes que j’accompagne, certaines arrivent épuisées, d’autres arrivent totalement confuses. La plupart d’entre elles pensent être le problème. Pas plus tard que ce matin, l’une d’elles me disait se sentir « extraterrestre ».

Le problème ne vient pourtant pas de nous. Nous avons simplement un fonctionnement neurologique différent appelé neuroatypie.

Les études estiment qu’environ 15 à 20 % de la population française présente un fonctionnement neuroatypique, incluant notamment le TDAH, l’autisme ou les troubles DYS. Parmi eux, on estime que le TDAH concerne environ 5 % des enfants et près de 3 % des adultes, tandis que le haut potentiel intellectuel (HPI) représente environ 2,3 % de la population.

Mes accompagnements reposent sur une idée simple : nous sommes simplement différents. Nous ne rentrons dans aucune case, mais nous sommes profondément vivants.

Atypique comme vous, je vous accueille et vous écoute sans jugement, simplement avec mes ressentis. Ensemble, nous apprenons à comprendre votre fonctionnement et à transformer votre sensibilité en force.

J’ai créé L’Envolée pour permettre une véritable transformation intérieure, afin que vous puissiez reprendre le contrôle et redevenir acteur de votre vie.

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